Prise de poste. La pression est maximale. La direction attend des résultats, l'équipe vous observe. Dans ce contexte, la tentation du "Quick Win" – cette victoire rapide et visible – est immense. C'est une stratégie séduisante pour asseoir sa légitimité. Mais attention, ce qui ressemble à un accélérateur peut vite devenir un piège redoutable qui oppose la satisfaction de l'ego à la construction de la confiance.
L'Attrait Irrésistible de la Victoire Rapide
Ne nous voilons pas la face, un "Quick Win" bien mené a des avantages. Il permet de créer un élan, d'asseoir sa crédibilité et d'apprendre vite. Le danger survient lorsque cette quête devient une obsession qui prime sur l'analyse de fond. Le manager risque alors de tomber dans plusieurs pièges :
Le piège du pansement
En se focalisant sur un problème de surface, il passe à côté de la cause racine. Le symptôme disparaît un temps, mais le mal revient plus fort.
Le piège de l'ego
En choisissant une action qui le met en valeur, il peut agir au détriment des vraies priorités de l'équipe et générer de la méfiance.
La règle d'or : le meilleur "Quick Win" n'est pas celui du manager, mais celui de l'équipe.
Transformer le Quick Win en Levier de Confiance
Le "Quick Win" ne doit pas être le but, mais la conséquence d'une bonne première phase d'intégration. Dans mes accompagnements, je structure toujours les 30 premiers jours autour de l'écoute et du diagnostic. C'est seulement à l'issue de cette phase que le manager peut identifier, avec son équipe, une action pertinente.
Un bon "Quick Win" est toujours :
Pertinent
Il doit répondre à un "irritant" réel, douloureux et partagé par l'équipe.
Collaboratif
Sa mise en œuvre doit impliquer l'équipe pour créer un sentiment de réussite collective et non personnelle.
Visible
Ses effets doivent être rapidement observables par tous pour ancrer la nouvelle dynamique.
En définitive, le plus grand "Quick Win" d'un manager lors de sa prise de poste n'est pas de résoudre un problème technique, mais de réussir à créer un climat de confiance. Et la confiance, elle, ne se décrète pas. Elle se construit, pas à pas, en commençant par l'écoute.